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Le statut Flying Blue s’achète : un tiers des XP ne vient plus des vols

Dernière mise à jour : 29 octobre 2026 - 17 min de lecture - Établi à partir des données Flying Blue de 1 143 membres SkyStatus avec historique de cumul

Il y a vingt ans, on gagnait des Miles Flying Blue en prenant l’avion. Aujourd’hui, le programme réalise les deux tiers de son chiffre d’affaires auprès de partenaires extérieurs au transport aérien. Le statut prend le même chemin. Chez nos membres, un tiers des XP ne provient plus d’un siège d’avion, mais de la carte de crédit, du SAF (carburant d’aviation durable) et de bonus payants.

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Choisissez votre itinéraire et votre cabine. Vous voyez aussitôt les XP et UXP du voyage, et ce qu’ils vous apportent pour votre prochain statut.

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Que sont les XP ?

Les XP (Points d’Expérience) déterminent votre statut Flying Blue. En partant d’Explorer, il faut 100 XP sur une période de qualification pour atteindre Silver. À chaque niveau atteint, le compteur repart de zéro : 180 XP de plus pour Gold, puis 300 pour Platinum. Chaque vol rapporte des XP selon sa tranche de distance et sa cabine. Les UXP (Ultimate XP) sont les XP gagnés sur les vols KLM et Air France. Avec 900 UXP en plus du statut Platinum, vous devenez Ultimate.

  1. Quel est votre itinéraire ?

L’essentiel

  • Un tiers des XP ne vient plus des vols. Sur les douze derniers mois, 33,3 % de tous les XP de nos membres ne venaient pas d’un vol, mais surtout de la carte de crédit et du SAF. En 2023, c’était 22,7 %.
  • Une année Platinum sur trois était hors de portée avec les seuls vols. Dans 32,1 % des années Platinum, les vols et le surplus de XP reporté ne suffisaient pas. Dans 20,9 % des cas, il fallait du SAF pour atteindre le seuil.
  • Le SAF est presque toujours la source de XP la moins chère. Un XP obtenu avec le SAF coûte toujours 10 €. Nos membres ont payé environ 25 € par XP pour un voyage moyen-courrier en Economy et environ 40 € sur long-courrier. Seuls les voyages moyen-courriers en Business s’en approchent, à environ 10 €.
  • Plus le statut est élevé, plus on achète. Parmi les membres inscrits en tant que Platinum, 66,9 % achètent du SAF, contre 11,5 % des membres Explorer. Parmi les membres qui ont acheté du SAF en 2024, 78,3 % en ont racheté en 2025.
  • Les nouveaux acheteurs de SAF volent davantage. Ceux qui ont acheté du SAF pour la première fois en 2025 ont effectué 38,1 % de segments en plus qu’en 2024, contre 13,4 % pour les membres sans SAF. Chez les acheteurs réguliers, ces données ne permettent pas d’exclure que le SAF remplace des vols.
  • Flying Blue n’a pas besoin d’instaurer un statut fondé sur les dépenses. Pour un tiers des XP, il existe déjà. À notre connaissance, Flying Blue est le seul programme qui récompense le SAF sans plafond, jusqu’au statut le plus élevé.

Qu’entend-on par « statut acheté » ?

Le statut acheté, ce sont les XP (Points d’Expérience) que l’on obtient avec de l’argent plutôt qu’en volant : les XP d’une carte de crédit Flying Blue, d’une contribution volontaire à l’achat de SAF, de bonus payants comme celui de Flying Blue Extra, ou encore de Miles donnés et d’abonnements. Chez les membres SkyStatus, cela représentait 33,3 % de tous les XP sur les douze derniers mois, contre 22,7 % en 2023. Le statut reste avant tout une affaire de vols. Mais une part croissante s’achète, et elle se concentre précisément chez les membres qui comptent le plus pour Air France-KLM.

Données des membres SkyStatus (octobre 2026), sur 969 membres ayant gagné des XP au cours des douze derniers mois. Les corrections sont exclues. Nos membres sont des voyageurs attentifs à leur statut, qui ont choisi SkyStatus d’eux-mêmes, et non un échantillon représentatif des membres Flying Blue.

Rapport complet : Flying Blue en chiffres · Méthodologie

Les chiffres clés

XP hors vol
1 sur 3
33,3 % sur les douze derniers mois
Platinum hors de portée en volant
32,1 %
même avec le surplus de XP reporté
Platinum impossible sans SAF
1 sur 5
20,9 % de 134 années Platinum
Dépenses volontaires en SAF
423 583 €
de 411 membres depuis 2023
Prix d’un XP
10 € contre 25 €
SAF contre un moyen-courrier en Economy
Nouveaux acheteurs de SAF
+38,1 %
de segments effectués, contre +13,4 % sans SAF

D’abord les Miles, maintenant le statut

Dans notre article sur le modèle économique de Flying Blue, nous avons montré comment le programme est devenu une usine à Miles. Selon Air France-KLM, 42 % des ventes de Miles provenaient en 2019 de partenaires extérieurs au transport aérien. En 2023, c’était 51 %. En 2025, le programme a réalisé 67 % de son chiffre d’affaires auprès de partenaires externes : 595 millions d’euros sur 886 millions. Banques, hôtels et boutiques en ligne achètent des Miles en gros et les offrent à leurs clients.

Le même basculement atteint désormais le statut. En 2023, 22,7 % de tous les XP de nos membres ne venaient pas d’un vol. En 2025, c’était 27,3 %. Depuis le début de 2026, on en est à 35 %, et à 33,3 % sur les douze derniers mois. Un tiers des XP ne se gagne plus en volant.

Ce que nous appelons XP hors vol : tous les XP sauf ceux du vol lui-même. Autrement dit, les XP issus d’une carte de crédit et du SAF, les bonus payants (Flying Blue Extra, tarifs Flex, Discount Pass), les Miles donnés et les abonnements. Les corrections ne sont pas comptées.

Ce n’est pas le fait d’une minorité. En 2025, 53,7 % des membres qui ont voyagé ont aussi gagné des XP sans voler. La plupart grâce à une carte de crédit, un groupe croissant grâce au SAF, et certains grâce aux deux.

Origine de tous les XP Flying Blue des membres SkyStatus de 2023 à 2026 : vols, carte de crédit, SAF, bonus payants et dons de Miles, avec une part hors vol en hausse
D’où viennent les XP de nos membres : la part hors vol augmente chaque année, portée surtout par le SAF et la carte de crédit.

Une année Platinum sur trois était hors de portée en volant

Une année civile ne dit pas grand-chose du statut. Chaque membre a sa propre période de qualification, et celui qui dépasse le seuil conserve un surplus de 300 XP au maximum pour la période suivante. Nous avons donc reconstitué les périodes réelles à partir des lignes de clôture des relevés Flying Blue eux-mêmes. Nous ne retenons que les périodes où les XP enregistrés dans SkyStatus correspondent à ceux comptés par Flying Blue : 792 périodes de 447 membres, clôturées depuis 2024. Sur l’ensemble de ces périodes, 27,8 % des XP ne venaient pas d’un vol.

Reste la question qui compte : qui n’aurait pas conservé son statut avec ses seuls vols ? Nous examinons les périodes qui ont duré douze mois complets et au terme desquelles le membre a conservé son statut. Dans 32,1 % des années Platinum, les vols et le surplus de XP reporté ne suffisaient pas à atteindre 300 XP. Dans 20,9 % des cas, cela n’aurait pas été possible sans SAF. Pour Gold et Platinum réunis, les chiffres sont de 37,6 % et 20,1 %.

Ce dont les membres SkyStatus ont eu besoin pour conserver le statut Gold ou Platinum Flying Blue, et la composition d’une année Platinum moyenne entre vols, carte de crédit et SAF
Une année Platinum sur trois était hors de portée avec les vols et le surplus reporté. Dans une sur cinq, il fallait du SAF pour atteindre 300 XP. En bas : une année Platinum moyenne.

Une année Platinum moyenne

Si l’on additionne tous les XP des périodes clôturées au niveau Platinum, 17 % proviennent du SAF et 9,9 % d’une carte de crédit. La figure ci-dessus ramène cela à une année de 300 XP. C’est une moyenne, qui masque les écarts. Dans la période de qualification médiane, 16,3 % des XP ne venaient pas d’un vol. Beaucoup de membres n’achètent rien, un groupe plus restreint achète beaucoup.

Données des membres SkyStatus (octobre 2026), 175 périodes de 117 membres clôturées au niveau Platinum depuis 2024, pondérées par les XP. La ligne de clôture ne distingue pas Platinum et Ultimate. Nos membres sont des voyageurs attentifs à leur statut, et non un échantillon représentatif des membres Flying Blue.

Rapport complet : Flying Blue en chiffres · Méthodologie

Trois façons d’acheter des XP

Trois produits vous vendent des XP. Toutes les autres façons d’en gagner, des mileage runs aux dons de Miles, figurent dans notre guide Acheter et gagner des XP.

La carte de crédit. En France, les cartes American Express Air France KLM ont leur propre barème : la Silver ne rapporte pas de XP, la Gold jusqu’à 40 XP par an et la Platinum jusqu’à 80 XP par an. Aux Pays-Bas, les cartes Flying Blue d’American Express rapportent un nombre fixe de XP en échange d’une cotisation annuelle. Sur l’ensemble des périodes de qualification clôturées, les cartes ont fourni 13,4 % de tous les XP. C’est le socle, à peu près identique pour chaque titulaire.

Le SAF. Une contribution à l’achat de SAF, le carburant d’aviation durable, rapporte 1 XP par tranche de 10 €, arrondi à l’unité supérieure. Si vous êtes Platinum ou Ultimate, vous gagnez aussi des UXP (Ultimate XP), qui comptent pour le statut Ultimate. La part du SAF dans l’ensemble des XP est passée de 7,8 % en 2023 à 14,9 % en 2026. C’est la voie qui progresse le plus vite. En 2023, 18,9 % de nos membres voyageurs achetaient du SAF. Depuis le début de 2026, ils sont 35,9 %.

Flying Blue Extra. Le forfait Flying Blue Extra Étendu coûte € 699 par an et ajoute 20 % de XP. Si vous êtes Gold ou supérieur, les accès Salon ne vous apportent rien, puisque votre statut vous ouvre déjà les salons. Restent surtout les XP, et 10 % de réduction sur les billets primes. Ce sont des XP achetés, et nous les comptons comme tels. Même en ajoutant ceux des tarifs Flex et du Discount Pass, ces bonus payants restent modestes : 1,4 % de tous les XP en 2025.

La carte est un abonnement au statut. Le SAF est le levier qui permet d’acheter ce qui vous manque encore.

Pourquoi le SAF l’emporte : 10 € par XP

Un XP obtenu avec le SAF coûte toujours 10 €. Combien coûte un XP quand on vole pour l’obtenir ? Pour les voyages dont les membres ont saisi le prix du billet, nous divisons ce prix par les XP du voyage. Les billets primes sont exclus. Le coût par XP de vos propres voyages se calcule avec le calculateur de XP.

Prix d’un XP Flying Blue : SAF à 10 € contre le prix médian du billet par XP des voyages moyen-courriers et long-courriers en Economy, Premium Economy et Business
Ce que coûte un XP : le SAF contre le prix médian du billet par XP des voyages dont le prix est connu. Seuls les voyages moyen-courriers en Business s’en approchent.

Le voyage moyen-courrier médian en Economy revient à environ 25 € par XP. Sur long-courrier, c’est environ 40 €, quelle que soit la cabine. Seuls les voyages moyen-courriers en Business s’approchent du SAF, à environ 10 €. Parmi les voyages en Economy dont le prix est connu, 90,9 % coûtent plus cher par XP que le SAF.

Bien sûr, avec un billet, vous payez aussi un voyage. Si vous voyagez de toute façon, les XP s’obtiennent à bon compte. Mais celui qui cherche uniquement des XP en fin d’année trouvera difficilement moins cher.

Flying Blue Extra fonctionne autrement. Si vous gagnez en vol les 300 XP du statut Platinum et qu’ils comptent tous pour le bonus, vous obtenez 60 XP de plus pour € 699, soit 11,65 € par XP. Ce n’est qu’à partir d’environ 350 XP de vols par an que l’on passe sous les 10 € du SAF. Pour les grands voyageurs, Extra est donc une autre manière d’acheter des XP. On paie simplement d’avance, en une fois.

Plus le statut est élevé, plus on achète

D’un niveau de statut à l’autre, la part des acheteurs grimpe nettement. Parmi les membres qui étaient Explorer à leur inscription, 11,5 % achètent du SAF. Parmi ceux qui étaient Platinum, la proportion atteint 66,9 %. Sur l’ensemble de l’argent consacré au SAF, 81,8 % vient de membres inscrits en tant que Platinum ou Ultimate. Même parmi les acheteurs, l’argent se concentre sur quelques personnes. Les 10 % d’acheteurs les plus dépensiers représentent 53,9 % du montant.

Qui commence à acheter continue. Parmi les membres qui ont acheté du SAF en 2024, 78,3 % en ont racheté en 2025. Un taux de fidélité dont rêvent la plupart des boutiques en ligne.

La carte, c’est le statut pour tous. Le SAF, c’est le statut pour le sommet.

Pourquoi certains dépensent des milliers d’euros en SAF

Pour un membre Platinum, l’étape suivante est Ultimate : 900 UXP sur une seule période de qualification. Les UXP se gagnent sur les vols Air France et KLM et avec le SAF. S’y ajoute, à un palier des Avantages à la carte, un petit bonus de XP et de UXP au choix. La carte de crédit et les dons de Miles ne comptent pas. Pour atteindre Ultimate sans beaucoup voler en plus, il n’existe donc qu’un seul vrai levier.

Ultimate donne notamment droit à des bons de surclassement. Utilisés pour voyager en Business avec un billet moins cher, ils peuvent rentabiliser la contribution au SAF. Le SAF n’est alors plus un don, mais un investissement qui rapporte. Dans le guide du SAF, j’ai présenté ma propre année Ultimate : un UXP obtenu avec le SAF m’a coûté 10 €, contre 16 € en vol.

Le SAF n’a plus grand-chose à voir avec le trajet

Si le SAF était avant tout un choix climatique, on s’attendrait à ce que l’argent aille aux voyages long-courriers. C’est là que se concentre, de loin, l’essentiel des émissions. Pourtant, environ la moitié de l’argent du SAF, 48,2 %, porte sur des voyages composés uniquement de vols de moins de 2 000 miles, pour l’essentiel en Europe.

On le voit aussi voyage par voyage. Pour 43,5 % des voyages avec SAF, la contribution a rapporté plus de XP que l’ensemble du voyage. Le billet n’est alors guère qu’un support pour l’achat.

Pour un chasseur de statut, c’est logique. Un XP obtenu avec le SAF coûte 10 €, quel que soit le voyage auquel on le rattache. Un voyage moyen-courrier bon marché est le support le plus pratique.

Notre méthode : le relevé rattache le SAF au vol avec lequel il a été réservé. Sur un voyage avec correspondance, c’est souvent le premier vol, le plus court. Si l’on mesurait vol par vol, environ deux tiers de l’argent sembleraient donc aller au moyen-courrier. Nous comptons par voyage : un voyage comportant au moins un vol de 2 000 miles ou plus est classé long-courrier.

Un coup de pouce pour franchir le seuil, pas un sprint final

On pourrait s’attendre à ce que les membres se ruent sur le SAF juste avant la fin de leur période de qualification. L’effet reste modeste. Dans les périodes de douze mois complets, 11,6 % des XP SAF tombaient le dernier mois. Une répartition régulière donnerait 8,3 %. Les vols se situent eux aussi légèrement au-dessus, à 10,1 %. Une légère accélération, sans plus.

C’est différent pour les membres qui passent au niveau supérieur en cours de période. Chez eux, 63,5 % des XP SAF tombent dans les 30 jours qui précèdent le passage au niveau supérieur. C’est en partie mécanique. Une telle période se termine le jour où l’on franchit le seuil, si bien que l’achat qui permet de le franchir tombe toujours à la fin. Mais cela montre bien comment les membres utilisent le SAF. Non comme un achat de précaution avant l’échéance, mais comme le dernier coup de pouce pour franchir le seuil.

Les acheteurs de SAF volent-ils moins ?

C’est la question qui compte le plus pour Air France-KLM. Si un XP coûte 10 € avec le SAF et environ 25 € avec un voyage moyen-courrier en Economy, pourquoi réserver encore cet aller-retour supplémentaire vers Amsterdam ? Dans ce cas, chaque euro de SAF se ferait au détriment d’un billet.

Chez les nouveaux acheteurs, les données disent le contraire. Nous avons comparé le nombre de segments effectués en 2024 et en 2025, pour les membres dont l’historique de vols commence avant 2024. Les membres qui ont acheté du SAF pour la première fois en 2025 ont effectué 38,1 % de segments en plus qu’en 2024 (médiane, 36 membres). Ceux qui n’ont jamais acheté de SAF, 13,4 % de plus. On commence donc à acheter du SAF une année où l’on vole davantage, pas moins. Cela correspond au profil d’un membre qui vise un niveau supérieur et met tout en œuvre pour l’atteindre. Ce sont aussi les années du mileage run : des vols supplémentaires uniquement pour les XP.

Évolution du nombre de segments effectués entre 2024 et 2025 : les nouveaux acheteurs de SAF ont volé plus que les membres sans SAF, les acheteurs réguliers autant
Les nouveaux acheteurs de SAF ont davantage volé en 2025 que les membres sans SAF. Les acheteurs réguliers ont volé autant que l’année précédente.

Les acheteurs réguliers, qui avaient déjà acheté du SAF et l’ont refait en 2025, ont volé autant que l’année précédente. Il peut s’agir de substitution : ils achètent les XP qu’ils auraient sinon gagnés en vol. Il peut aussi s’agir d’un groupe qui a déjà trouvé son rythme. Ces données ne permettent pas de trancher.

Il s’agit d’une comparaison, pas d’une expérimentation. Nous ne savons pas combien ces membres auraient volé sans SAF. Ce que nous voyons, c’est que les nouveaux acheteurs ne volent pas moins.

Flying Blue fait cavalier seul

Obtenir son statut contre de l’argent n’a rien de nouveau. Dans le jargon, on parle de « statut fondé sur les dépenses ». Depuis 2024, Delta ne compte plus que les dépenses, et ses cartes Amex y ajoutent chaque année une avance de 2 500 MQD, l’unité de qualification de Delta. British Airways attribue des tier points par livre dépensée depuis avril 2025. Air Canada a suivi en 2026. Dans notre article sur le modèle économique, nous écrivions que Flying Blue prenait la même direction. La question n’est pas de savoir si, mais quand.

Nos données montrent que, dans les faits, le mouvement est déjà bien engagé. La carte rapporte des XP en échange d’une cotisation. Le SAF donne 1 XP par tranche de 10 €. Flying Blue Extra ajoute 20 % aux XP de vos vols. Ce sont tout simplement des tarifs pour le statut. Avec les autres XP hors vol, cela représente déjà un tiers de tous les XP.

Flying Blue n’a pas besoin d’instaurer un statut fondé sur les dépenses. Pour un tiers, il existe déjà.

Ce qui frappe, c’est la forme. D’autres programmes récompensent aussi le SAF, mais presque toujours avec un plafond ou dans le cadre d’une opération limitée dans le temps. British Airways accorde 2 tier points par livre dépensée en SAF, dans la limite de 2 000 par an. Miles & More, le programme de Lufthansa, accorde des points de statut supplémentaires pour ses forfaits CO2. Alaska, Air Canada, Delta et JetBlue l’ont proposé sous forme d’opérations plafonnées. À notre connaissance, Flying Blue est le seul programme où le robinet reste ouvert en permanence, sans plafond, jusqu’au statut le plus élevé.

Et les voyageurs ordinaires ? Selon KLM, 0,5 à 0,8 % des passagers achètent volontairement du SAF. Chez nos membres, 35,9 % en ont acheté en 2026. Ces deux chiffres ne mesurent pas la même chose. KLM compte des réservations, nous comptons des membres par an, et nos membres sont des chasseurs de statut. Mais l’écart montre bien qui porte le marché du SAF volontaire.

Ce que cela signifie pour Air France-KLM

Nos 411 acheteurs de SAF y ont consacré environ 423 583 € depuis 2023, en plus de leurs billets. Un petit groupe aux moyens importants. Trois questions se posent.

La contribution finance-t-elle du SAF supplémentaire ?

Depuis 2025, l’incorporation de SAF est obligatoire dans l’UE : 2 % en 2025, puis 6 % en 2030. En 2024, Air France-KLM a collecté 153 millions d’euros au titre de la surcharge SAF sur les billets et des contributions volontaires, pour 170 millions d’euros de coûts de SAF. Pour 2025, GreenAir indique qu’Air France-KLM a collecté 232 millions d’euros, pour 226 millions de coûts. Le groupe ne précise pas quelle part de ces montants est volontaire.

C’est la question centrale. Le système européen permet de distinguer le SAF volontaire : en 2025, les fournisseurs ont déclaré environ 250 000 tonnes comme volontaires, hors obligation. Personne, à l’extérieur du groupe, ne peut voir si l’argent de nos membres finit dans cette catégorie ou s’il aide à financer l’obligation.

Le SAF cannibalise-t-il les ventes de billets ?

Pas chez les nouveaux acheteurs. Ils volent davantage. Chez les acheteurs réguliers, la question reste ouverte. Air France-KLM aurait intérêt à vérifier ce point dans ses propres données, car c’est là que se trouve la réponse : les XP SAF créent-ils du chiffre d’affaires ou le déplacent-ils ?

Les régulateurs s’intéressent-ils à la récompense ?

Jusqu’ici, les régulateurs se sont penchés sur la promesse climatique. En 2024, l’Autorité néerlandaise des consommateurs et des marchés (ACM) et ses homologues européens ont estimé que les compagnies aériennes ne pouvaient pas laisser entendre au passager qu’en payant davantage pour du SAF, il réduisait les émissions de son vol. En novembre 2025, 21 compagnies, dont KLM et Transavia, se sont engagées à revoir leur communication. Aucun de ces textes ne mentionne les XP ou le statut. Or, pour nos membres, la récompense est peut-être le principal argument de vente.

Ce que nous ne savons pas

Ce que cela signifie pour vous

Je suis moi-même Ultimate. Mon conseil : bâtissez votre statut en trois étages. Les vols forment la base, la carte apporte un complément fixe, le SAF sert d’appoint final.

  • Comptez d’avance les XP de votre carte. Si votre carte rapporte des XP, ils font partie de votre seuil. En les oubliant, vous achèteriez trop de SAF.
  • Achetez du SAF pour combler l’écart, pas pour tout le parcours. Un billet que vous achetez de toute façon rapporte des XP en plus. Le SAF est imbattable pour les derniers XP avant un seuil.
  • Si vous êtes Platinum, raisonnez en UXP. Pour Ultimate, ce sont surtout le SAF et les vols Air France et KLM qui comptent, pas la carte de crédit. En dessous de Platinum, le SAF ne rapporte pas de UXP.
  • Comparez avec un voyage moyen-courrier en Business. À environ 10 € par XP, il rapporte aussi des Miles et un voyage. Si vous avez une raison de voler, il l’emporte souvent.
  • Faites le calcul pour Flying Blue Extra. En dessous d’environ 350 XP de vols par an, vous payez chaque XP plus cher qu’avec le SAF. Extra n’est alors intéressant que si vous utilisez vraiment les autres avantages.
  • N’attendez pas le dernier jour. Vérifiez dans le guide du SAF quand les XP sont crédités, pour qu’ils tombent dans votre période.
  • Si vous achetez du SAF pour le climat, soyez réaliste. Selon l’ACM, payer davantage pour du SAF ne réduit pas les émissions de votre vol. Vous contribuez au SAF de l’ensemble du secteur aérien.

À propos de ces données

Les chiffres proviennent des relevés Flying Blue et des historiques de vols importés par les membres SkyStatus. Un relevé concorde avec les soldes de Flying Blue lui-même. Nous mesurons donc ce qui s’est passé, et non ce dont les membres se souviennent. Nos membres ont choisi SkyStatus d’eux-mêmes et sont des voyageurs attentifs à leur statut. Sur l’ensemble du programme, la part des membres Platinum et Ultimate est bien plus faible. Ces données montrent comment se comportent les membres les plus engagés.

Par « tous les XP », nous entendons les XP des vols, les bonus payants, le SAF, les cartes de crédit, les Miles donnés et les abonnements. Les XP hors vol sont tous les XP sauf ceux du vol lui-même. Les corrections et autres ajustements sont exclus. Les tendances annuelles sont mesurées par année civile. Les seuils et le calendrier sont mesurés par période de qualification réelle, reconstituée à partir des lignes de clôture et de surplus du relevé. Les questions portant sur le voyage auquel une contribution SAF est rattachée sont mesurées par voyage, et non par vol. Un groupe de statut correspond au statut indiqué par le membre lors de son inscription. Les prix par XP proviennent des prix de billets saisis par les membres eux-mêmes, hors billets primes.

Nous ne publions que des chiffres agrégés. Nous ne donnons un chiffre qu’à partir de 30 membres. Entre 10 et 29 membres, nous n’indiquons que la tendance. En dessous de 10, rien du tout. Vous pouvez citer ces chiffres en mentionnant SkyStatus et en renvoyant vers cette page, sous licence CC BY-NC 4.0. La méthode complète est décrite dans la méthodologie, et l’ensemble des chiffres dans Flying Blue en chiffres.

Questions fréquentes

Peut-on acheter son statut Flying Blue ?

Pas directement, mais on peut acheter des XP. Les cartes de crédit Flying Blue et Air France KLM rapportent des XP chaque année, une contribution volontaire à l’achat de SAF rapporte 1 XP par tranche de 10 €, et Flying Blue Extra Étendu ajoute 20 % de XP pour € 699 par an. Chez les membres SkyStatus, un tiers des XP des douze derniers mois ne venait pas d’un vol.

Combien coûte un XP avec le SAF ?

10 €. Flying Blue accorde 1 XP par tranche de 10 € de contribution SAF, arrondi à l’unité supérieure. Si vous êtes Platinum ou Ultimate, cet XP compte aussi comme UXP pour le statut Ultimate.

Acheter du SAF pour des XP, est-ce judicieux ?

Pour les derniers XP avant un seuil de statut, presque toujours. Nos membres ont payé environ 25 € par XP pour un voyage moyen-courrier en Economy et environ 40 € sur long-courrier. Si vous voyagez de toute façon, un billet rapporte des XP, des Miles et un voyage. Utilisez le SAF pour combler l’écart.

Peut-on atteindre Platinum sans beaucoup voler ?

Pour une année Platinum sur trois chez les membres SkyStatus, les vols et le surplus de XP reporté ne suffisaient pas. Pour une sur cinq, cela n’aurait pas été possible sans SAF. La carte de crédit et le SAF comblent l’écart.

Les membres volent-ils moins quand ils achètent du SAF ?

Pas les nouveaux acheteurs. Les membres qui ont acheté du SAF pour la première fois en 2025 ont effectué nettement plus de segments qu’en 2024, davantage que les membres sans SAF. Les acheteurs réguliers ont volé à peu près autant que l’année précédente.

Flying Blue est-il passé à un statut fondé sur les dépenses ?

Pas officiellement : le statut repose toujours sur les XP. Mais avec la carte, le SAF et Flying Blue Extra, il existe déjà trois façons d’obtenir des XP avec de l’argent. Chez les membres SkyStatus, un tiers des XP ne vient déjà plus d’un vol.

Sources

Cette analyse repose sur des données agrégées des membres SkyStatus, les rapports financiers d’Air France-KLM et les sources publiques citées. Les chiffres des membres sont actualisés chaque semaine. SkyStatus n’est pas affilié à Air France-KLM ni à Flying Blue.

Aussi disponible en : English, Nederlands, Deutsch